Sánchez, un gambit diplomatique en chine : déficit commercial et demande technologique
Le déplacement de Pedro Sánchez en chine a produit un effet de levier inattendu : l’ouverture d’un canal de dialogue stratégique, réservé aux partenaires les plus proches de Pékin. Un gain diplomatique crucial, mais contrebalancé par un déséquilibre commercial alarmant.
Une relation nuancée : entre accords économiques et pressions technologiques
Quatorze accords, dont dix d’envergure économique, ont été signés. Un effort concret, certes, mais insuffisant pour combler le fossé abyssal avec la chine, qui a exporté 7,972 milliards d’euros contre 50,250 milliards d’euros d’importations en 2025. Sánchez a clairement exprimé son inquiétude face à cet écart, qualifié d’« excessif », et a reçu la « compréhension et la volonté de travailler » de Xi Jinping. Une rhétorique à double tranchant, car Pékin a cité la « loi de la selva » en réponse.
Au-delà des engagements financiers, le véritable objectif de cette visite était de faire évoluer les investissements chinois en Espagne. Sánchez a pressé pour que ces investissements ne se limitent pas à la simple installation de chaînes de production avec main-d’œuvre importée, mais qu’ils incluent une véritable transferts de technologie. L’Accord sur l’Investissement de Haute Qualité, négocié précédemment, visait précisément cette ambition.

Xiaomi, le témoignage d'une pression régulatoire
La visite à la sede de Xiaomi, entreprise confrontée à une pression réglementaire croissante en Europe, illustre parfaitement cette approche. La question de la propriété intellectuelle et du transfert de savoir-faire est au cœur des préoccupations européennes. L’objectif déclaré de Sánchez : encourager les entreprises chinoises à investir en Espagne, à créer des centres de recherche et développement, et à former des partenariats avec les entreprises espagnoles pour explorer les marchés africains et latino-américains.
Alicia García-Herrero, économiste au Natixis, met en garde contre le risque d'une simple « adaptation » sans véritable réciprocité. Sans une véritable réciprocité, le risque est de consolider l’avantage concurrentiel de la chine sans renforcer la chaîne d’approvisionnement espagnole.
Dans ce contexte géopolitique tendu, la visite de Sánchez a également souligné l'importance de la coopération multilatérale et la nécessité de réformer l'ONU. La France a d'ailleurs, via des déclarations d'experts, mis en avant les risques posés par l'intelligence artificielle, en ciblant particulièrement la Chine. L’Espagne aspire à devenir un acteur majeur dans le développement de l'IA en Europe, en accueillant une des premières gigafactories du continent.
