Meta : l'ia coûte cher, les actionnaires paniquent

L’ambition dévorante de Meta en matière d’intelligence artificielle suscite désormais une vive inquiétude. Les premiers résultats du premier trimestre ne sont tout simplement pas à la hauteur des espoirs nourris, et le marché réagit avec une chute spectaculaire des titres.

Un investissement massif, un retournement de situation

La décision de Zuckerberg de déverser des sommes colossales dans la course à l'IA, estimées à 125 à 145 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année, a immédiatement provoqué un raz-de-marée baissier. Les analystes, largement dépassés, avaient tabulé des dépenses bien inférieures. Cette accélération du rythme de l’investissement, exacerbée par la pénurie de puces mémoire et la flambée des coûts de centres de données, est un véritable électrochoc pour les marchés.

Selon Susan Li, directrice financière de Meta, ces difficultés sont dues à une augmentation significative des prix des composants électroniques et des frais d’exploitation des infrastructures. Une situation qui, sans surprise, a entraîné une réaction immédiate des investisseurs.

Des coupes massives pour tenter de rattraper le retard

Des coupes massives pour tenter de rattraper le retard

Face à cette pression croissante, Meta a déjà mis en œuvre des mesures de réduction des coûts drastiques. Des milliers de postes sont supprimés, et la promesse de ne pas pourvoir 6000 postes vacants témoigne d’une volonté affichée de rationaliser l’entreprise. Les divisions, comme Reality Labs, ont déjà subi des réductions d’effectifs, et les agents d’IA pourraient bien prendre le relais dans de nombreuses tâches actuellement effectuées par des employés.

La publicité sauve la mise, mais pas assez

La publicité sauve la mise, mais pas assez

Malgré ces efforts de contrôle des dépenses, les bénéfices nets, qui atteignent 26,773 milliards de dollars – un bond de 61% sur un an – sont tirés par la publicité sur les réseaux sociaux. Les revenus totaux, également supérieurs aux prévisions, s’élèvent à 56,310 milliards de dollars. Meta anticipe désormais des revenus annuels entre 162 et 169 milliards de dollars. Cependant, ces résultats positifs ne suffisent pas à compenser l’impact négatif de l'investissement massif en IA.

Bruxelles serre le cou à meta

L’inquiétude ne s’arrête pas là. La Commission Européenne a de nouveau dénoncé le manque de mesures efficaces de Meta pour protéger les mineurs sur Facebook et Instagram, une violation flagrante des réglementations européennes. L’âge limite de 13 ans est maintenu, et la surveillance des contenus inappropriés reste insuffisante. Et, ironiquement, l’acquisition de la startup française Manus, prometteuse dans le domaine de l’IA, vient d’être bloquée par la Chine, un revers majeur pour la stratégie globale de l’entreprise.

La réalité est cruelle

En fin de compte, la stratégie de Meta, malgré ses investissements colossaux et ses quelques victoires en termes de revenus publicitaires, semble se heurter à une réalité économique implacable. L’entreprise doit prouver que cette avalanche d’investissements en IA ne se traduira pas par une perte de contrôle et une dégradation de ses performances à long terme. L'avenir de Meta, et de la course à l'IA, est loin d'être assuré.