L'erreur : notre meilleur allié, selon le psychiatre crepet

Paolo Crepet, psychiatre italien, dénonce une société obsédée par la perfection, incapable d’accepter l’échec. Une vision radicale qui remet en question nos modèles éducatifs et notre rapport au risque.

La septième chute, l’huitième levée

La septième chute, l’huitième levée

La célèbre maxime japonaise, « tomber sept fois, se relever huit », illustre parfaitement le propos du docteur Crepet. Il s’agit d’une invitation à la résilience, à la persévérance. Mais plus que cela, c’est une reconnaissance fondamentale : l’échec n’est pas une fin en soi, mais une étape inévitable, voire essentielle, du processus d’apprentissage.

Crepet s’indigne face à une culture qui tente de protéger les jeunes de toute forme de frustration, notamment dans le domaine de l’éducation. Un système qui, selon lui, purge l’erreur du processus d’apprentissage, créant une génération à la peur de se tromper.

L’observation du psychiatre est alarmante. Des études récentes révèlent que des milliers d’entrepreneurs, et ce, dans l’industrie de l’intelligence artificielle, sont sceptiques quant à ses bénéfices réels en termes d’emploi et de productivité. Une paradoxe ancien, comme l’avait déjà souligné il y a 40 ans un expert, qui persiste et s’amplifie avec l’essor de l’IA.

Il est crucial de comprendre que l’erreur est une source d’apprentissage. Les décisions ratées, les projets qui s’effondrent, les tentatives infructueuses, tout cela contribue à forger notre autonomie et notre capacité d’adaptation. Le progrès, qu’il soit créatif, professionnel ou personnel, ne découle jamais d’une trajectoire linéaire. Il est pavé de corrections, de déviations et de nouveaux départs.

L’éducation ne devrait pas se limiter à transmettre des connaissances. Elle doit aussi préparer les individus à affronter la frustration, à apprendre à gérer leurs erreurs. C’est en reconnaissant que l’échec fait partie intégrante du processus d’apprentissage que l’on peut aider les jeunes à développer la confiance en soi et à assumer leurs responsabilités. L’intelligence artificielle, avec son omniprésence, semble paradoxalement nous éloigner de cette réalité.

Le psychiatre ne glorifie pas l’échec, loin de là. Son message est une invitation à la lucidité : l’apprentissage se construit à travers l’expérience, les erreurs et les tentatives. La vie est rarement prévisible, et les changements de direction, les erreurs de jugement, les projets qui ne rencontrent pas le succès sont autant de composantes de notre parcours personnel. La véritable force ne réside pas dans l’évitement des chutes, mais dans la capacité à se relever après chaque obstacle.

En fin de compte, l’erreur n’est pas un point final, mais une simple phase du chemin. C’est une opportunité de rectifier le tir, d’acquérir de l’expérience et de recommencer. Et c’est là, peut-être, la leçon la plus importante que Paolo Crepet nous apporte : accepter la chute, pour mieux se relever.