Ia : stroustrup dénonce l'illusion du code en langage naturel
L’intelligence artificielle s’invite dans le développement logiciel, promettant de simplifier la création de code grâce à des instructions en langage naturel. Une idée séduisante, mais qui, selon le créateur de C++, Bjarne Stroustrup, repose sur une simplification excessive.
Un défi de précision, loin des promesses de l’ia
Stroustrup, figure emblématique de l’informatique, estime que l’anglais, langage d’interface privilégié par ces outils, ne saurait remplacer la rigueur des langages de programmation. Son argument ? Les emplois les plus rémunérés, ceux où l’exactitude prime sur la convivialité, exigent une maîtrise sans concession.
Près de 10% des distributeurs automatiques mondiaux fonctionnent encore avec un langage de programmation datant de 1958. Apprendre à le maîtriser pourrait s’avérer une aubaine financière. Mais pourquoi cette obsolescence persiste-t-elle ? Car la subtilité de l’humain est bien plus grande que la capacité actuelle de l'IA à saisir les nuances.

C++, rust et la nécessité de la clarté
Le C++, langage sur lequel Stroustrup a bâti son empire, est une illustration parfaite de cette exigence. Depuis les années 80, il domine le développement de systèmes d'exploitation, de moteurs graphiques et de plateformes financières. Il ne s’agit pas de facilité d’utilisation, mais de contrôle absolu. Chaque instruction doit être interprétée de manière inébranlable. Une erreur, même infime, peut engendrer des conséquences désastreuses, notamment dans le domaine financier où les microsecondes comptent.
Des entreprises comme Jane Street, utilisant OCaml, ou Rust, qui met l’accent sur la sécurité et la performance, témoignent de cette quête de précision. Ces langages, loin de la promesse d'une simplification dictée par l’IA, sont au contraire le fruit d'une longue tradition d'ingénierie et d'une exigence de fiabilité.

L'ia, un assistant, pas un remplaçant
Stroustrup ne nie pas l'intérêt de l'IA pour aider les développeurs et accélérer certaines tâches. Cependant, il souligne ses limites. L’IA a tendance à reproduire les erreurs présentes dans ses données d’entraînement et offre rarement des solutions optimales. Elle peine à gérer des modifications spécifiques, laissant souvent place à des bugs imprévisibles.
Alors que certains imaginent un futur dominé par des prompts en anglais, les meilleurs programmeurs continuent de privilégier des langages comme C++, OCaml ou Rust. Ces technologies restent des piliers de l’industrie, garantissant la robustesse et la performance des systèmes critiques. L’IA peut assister, mais elle ne peut pas remplacer la maîtrise d’un langage de programmation.
