Game pass : microsoft sous pression, le prix de l'abonnement menace de s'effondrer

L’empire de Microsoft se débat avec son service d’abonnement Game Pass, fragilisé par une flambée des tarifs et une relation de force avec les développeurs. Asha Sharma, directrice Xbox, a reconnu, dans un document interne filtré, que le modèle actuel est devenu « trop cher pour les joueurs » et qu’une « meilleure relation qualité-prix » était impérative. Une admission qui sonne sinistre pour les abonnés.

Une facture qui grimpe, un désintérêt croissant

Une facture qui grimpe, un désintérêt croissant

Le Game Pass, initialement perçu comme un atout indéniable, a vu son prix doubler en un temps record, atteignant désormais 26,99 euros par mois. Un coût qui, pour beaucoup, dépasse les limites de la rentabilité. Cette situation est exacerbée par le manque de diversité de l'offre, limitée à 400 jeux parmi les milliers disponibles chaque année, souvent des titres datant déjà de plusieurs années. L’attrait de la bibliothèque est terni par un accès aléatoire aux jeux, sans véritable contrôle de l’utilisateur, et par la disparition des titres phares des autres éditeurs.

La situation est d'autant plus préoccupante que Microsoft perd des revenus potentiels avec l’intégration de jeux à forte valeur ajoutée comme Call of Duty dans le Game Pass. Une décision, selon Jez Corden de Windows Central, qui a cité des sources internes, visant à amortir les ventes directes du jeu, estimées à 80 euros et générant des revenus de plusieurs dizaines de millions. La stratégie, actuellement, semble produire l’effet inverse.

Mais le véritable point de rupture pourrait résider dans l'absence d'alternative attractive pour les joueurs. Alors que Steam permet de posséder indéfiniment les jeux achetés, le Game Pass exige un abonnement mensuel, sans garantie de renouvellement des titres. Pour 300 euros par an, un joueur peut assembler une collection de jeux sur Steam, un investissement durable, comparé à l'abonnement Game Pass qui se transforme en un simple « prêt ».

Face à cette pression, Microsoft semble se replier. Selon les mêmes sources, l'entreprise envisagerait de retirer Call of Duty du Game Pass. Une volte-face qui témoigne de l’urgence de la situation. L’annonce de la hausse des prix, motivée en grande partie par l’arrivée de Call of Duty, est un signal clair : la rentabilité du service est remise en question.

Asha Sharma, récemment nommée vice-présidente exécutive d'Xbox, a choisi une approche pragmatique, admettant les faiblesses du modèle. Mais son profil atypique – une carrière axée sur l'intelligence artificielle et Facebook, loin du monde des jeux vidéo – soulève des interrogations quant à sa capacité à redresser la barre. La question n’est pas de savoir si Microsoft peut sauver le Game Pass, mais plutôt de savoir quel prix les joueurs sont prêts à payer pour y avoir accès.