Espagne : madrid lance « hodio », un outil inédit contre les discours de haine en ligne

Madrid s'attaque à la propagation des discours haineux sur internet. Le gouvernement espagnol a dévoilé « Hodio », une plateforme baptisée « Huella de Odio y Polarización » (Empreinte de Haine et de Polarisation), destinée à cartographier l'ampleur et l'évolution de ces propos.

Le système, fruit d

Le système, fruit d'une approche scientifique, promet une transparence sans précédent.

L'outil combinera une analyse quantitative poussée avec une expertise humaine pour garantir la rigueur des données. Les résultats seront rendus publics, permettant ainsi de savoir qui combat efficacement la haine, qui l’ignore et qui en tire profit. « Il faut que la honte change de camp », a déclaré le président Pedro Sánchez, en s'inspirant de l'expression de Gisèle Pelicot. Il insiste sur la nécessité de réguler l'espace numérique, où les réseaux sociaux devront rendre des comptes sur les contenus haineux qu'ils autorisent.

Cette initiative s'inscrit dans un ensemble de mesures réglementaires annoncées en février, visant à encadrer les abus des grandes plateformes. Parmi celles-ci, une interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans et l'obligation pour les plateformes d'implémenter des systèmes de vérification d'âge efficaces. La criminalisation de la manipulation algorithmique et de l'amplification de contenus illégaux figure également au cœur de ce dispositif.

Sánchez insiste sur le caractère non spontané de la haine, la comparant à un virus cultivé en laboratoire. Selon lui, elle se nourrit de stéréotypes, réduisant les individus à des étiquettes, et peut conduire à la discrimination et à la violence. Le président dénonce également la marchandisation de la haine par les algorithmes, conçus pour maintenir l'engagement des utilisateurs, même au prix de la normalisation de propos agressifs.

L'attention se porte particulièrement sur la plateforme X (anciennement Twitter), dont Sánchez affirme que le discours de haine a augmenté de 50% depuis l'acquisition par Elon Musk. « On est passé de la liberté d'expression à l'expression de la liberté d'agression verbale », a-t-il souligné. L'exemple de Torre Pacheco, en avril 2023, où une agression physique a déclenché une vague d'attaques racistes en ligne, illustre cette problématique.

« L’odio fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, mais il ne représente jamais la majorité », a-t-il conclu. La capacité de ces plateformes à transformer des incidents isolés en mouvements de haine en ligne est une préoccupation majeure. Le gouvernement espère que « Hodio » contribuera à rétablir un espace numérique plus respectueux et plus sûr.

La mesure, si elle est bien appliquée, pourrait remettre en question le modèle économique de certaines plateformes.

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