Drones kamikazes : l'usaf cherche des petits appareils pour frapper au sol
Washington envisage d'acquérir des drones kamikazes à faible coût pour ses forces spéciales. L'objectif ? Réduire les risques pour ses soldats et maîtriser les dépenses dans les opérations militaires. La guerre en Ukraine a accéléré cette tendance, faisant des drones des outils de plus en plus indispensables sur les théâtres d'opérations.
Des drones autonomes pour une guerre moins coûteuse et moins risquée
La US Air Force (USAF) cherche à s'approvisionner en drones kamikazes, ces appareils autonomes conçus pour s'engager directement contre l'ennemi. Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les coûts opérationnels et à minimiser les pertes humaines. La demande, formalisée dans une requête d'information publique, révèle une carence actuelle dans la capacité de l'Afsoc et des unités tactiques spéciales à disposer d'une vision aérienne directe et autonome pour des missions d'attaque.
Le document souligne une limitation majeure : l'absence de systèmes aériens non pilotés offrant une capacité de reconnaissance en temps réel et d'attaque unidirectionnelle. Cette lacune entrave le développement de tactiques standardisées pour les conflits modernes à haute intensité.
L'USAF ambitionne donc de s'approvisionner auprès d'entreprises capables de fournir ces drones spécifiques d'ici le 17 avril. Un point essentiel : les systèmes autonomes doivent impérativement utiliser des composants commerciaux standard, privilégiant ainsi la facilité de maintenance et le coût réduit. L'origine chinoise est formellement exclue.
Les spécifications techniques sont précises : un rayon d'action d'au moins 10 kilomètres, voire idéalement plus de 20 kilomètres, une charge utile de 1,5 à 3 kilogrammes pour une ogive de fragmentation et un temps de vol compris entre 15 et 30 minutes. Ces drones, de petite taille, devront pouvoir être transportés par les opérateurs sur le terrain. Le poids initial total (drone + système de contrôle) ne doit pas dépasser 13,6 kg, avec un objectif final d'un drone par opérateur pesant 4,5 kg.
Le déploiement doit être rapide, avec un lancement en moins de trois minutes, idéalement en moins d'une minute. Les exigences techniques incluent une connectivité GPS, 4G/LTE/5G, et un saut de fréquence réel entre les bandes. La 101e division aéroportée a récemment testé des drones de pointe lors d'exercices de tir réel, utilisant notamment un MQ-1C Gray Eagle et un Attritable Battlefield Enabler 1.01.
Pour les forces armées américaines, l'utilisation des drones s'étend bien au-delà des opérations spéciales. D'autres branches, comme l'armée de terre, intensifient également leur recours à ces technologies. Les drones sont désormais utilisés pour la reconnaissance de zones montagneuses, offrant une capacité d'identification d'objectifs à courte et moyenne portée et fournissant des informations visuelles précieuses aux troupes au sol. La 101e division aéroportée considère ces appareils comme un atout majeur pour le déploiement sécurisé des forces.
L’investissement dans ces technologies ne s’arrête pas à l’acquisition de drones. La Navy américaine, par exemple, a engagé 71 millions de dollars pour accélérer la maintenance de ses navires grâce à l'intelligence artificielle et aux robots. Cette stratégie globale reflète une volonté de moderniser les armées américaines et de renforcer leur capacité à opérer dans un environnement de plus en plus complexe. L'heure n'est plus à la question de savoir si les drones vont transformer la guerre, mais plutôt à la vitesse à laquelle cette transformation s'opère.
