Affleck et nolan : l'ia, un cheval de troie hollywoodien ?

Ben Affleck a déjà raflo plus de 500 millions d'euros de Netflix pour sa société d'IA, mais l'ascension de l'intelligence artificielle dans l'industrie cinématographique ne fait pas l'unanimité. Gal Gadot et Casey Affleck incarnent la première superproduction hollywoodienne créée avec l'IA, une avancée qui pourrait marquer une nouvelle ère, mais qui suscite des interrogations légitimes.

Un regard sceptique de nolan

Le réalisateur de La Odyssée, Christopher Nolan, se montre particulièrement sceptique quant à cette technologie. Lors d'une interview avec Hugo Travers, il a d'emblée comparé l'IA à un « Cheval de Troie », un cadeau trompeur qui cache une menace. Il souligne que, malgré les apparences positives, de nombreux risques sont potentiellement ignorés.

Nolan insiste sur le fait que l'IA progresse à une vitesse vertigineuse, suscitant un rejet inhabituel par rapport à d'autres révolutions technologiques. « Je n’ai jamais vu une technologie avancer aussi vite [que] être aussi complètement rejetée par le public », a-t-il déclaré, mettant en évidence un niveau de suspicion élevé. Il ajoute que cette génération, élevée aux outils numériques, reste méfiante face aux assistants virtuels.

L'expression « AI slop », une insulte numérique désignant le contenu généré par l'IA de qualité médiocre, illustre parfaitement ce scepticisme. Nolan observe que les jeunes générations identifient rapidement ce type de productions et les rejettent sans hésitation.

Hollywood face à la tempête

Hollywood face à la tempête

La situation est d'autant plus préoccupante que les enjeux sont considérables. Le conflit entre les scénaristes et les acteurs de 2023 a mis en lumière la nécessité de protéger le travail créatif, et le Directors Guild of America a intégré des protections concernant l'IA générative dans son dernier accord. La production de La Odyssée, filmée intégralement en format IMAX analogique, illustre même une résistance à l'omniprésence du numérique, un choix audacieux qui témoigne d'un désir de préserver la qualité du cinéma traditionnel.

587 millions de dollars, c'est le montant que Ben Affleck a perçu de Netflix, non pas pour une œuvre, mais pour sa société d'IA. Cette somme colossale, comparée à la complexité des enjeux, souligne l'attrait financier de cette nouvelle technologie, tout en alimentant les craintes de Nolan concernant l'avenir du cinéma. L'artiste, qui se décrit comme un « technosceptique », insiste sur l'importance de ne pas céder à la pensée automatique et de conserver une vigilance critique. Il rappelle que l'industrie audiovisuelle a failli abandonner trop tôt le format cinématographique traditionnel, une leçon cruciale pour les décisions actuelles.

L'avenir du cinéma ? Nolan ne croit pas à une adoption passive. Il préfère une approche analytique, une posture qui résonne avec les inquiétudes grandissantes de Hollywood concernant les implications de l'IA. La question de l'art, de la qualité des effets spéciaux, et des possibles suppressions d'emplois ne sont que l'avant-garde d'une réflexion plus large. Et, finalement, le réalisateur conclut : « La technologie nous donne toujours de grands cadeaux, mais il faut la regarder avec scepticisme. »