Ormuz : l'iran prépare un 'péage' maritime, trump s'y oppose
Tensions accrues dans le golfe Persique : l'Iran, confronté à des sanctions et à une escalade militaire récente, envisage de formaliser son contrôle du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz en instaurant un système de péage. Une initiative qui, si elle se concrétise, pourrait avoir des répercussions majeures sur le commerce mondial de l'énergie et raviver les tensions géopolitiques.
Des négociations avec oman pour une gestion sécurisée
Selon l'ambassadeur iranien en France, Mohammad Amin-Nejad, des discussions sont en cours avec Oman pour établir un cadre de coopération visant à assurer la sécurité et la gestion du trafic maritime dans le détroit. L'objectif affiché est de créer une « Autorité du détroit du golfe Persique », chargée de superviser la navigation et de percevoir des frais pour les services rendus. Amin-Nejad a évoqué des montants pouvant atteindre 2 millions de dollars pour garantir le passage des navires, une somme qui suscite déjà l'indignation.
L'idée, présentée comme transparente, vise à compenser les coûts liés à la sécurité et à la gestion du détroit, une voie maritime cruciale pour le transport d'environ un cinquième des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Mais la proposition iranienne se heurte à l'opposition ferme des États-Unis.

Trump rejette l'idée d'un péage
Le président américain Donald Trump a catégoriquement rejeté cette initiative, clamant son souhait de voir le détroit d'Ormuz rester « ouvert, gratuit et sans péage ». Une position qui souligne la divergence d'intérêts entre Washington et Téhéran, et qui risque d'exacerber les tensions dans la région. La fermeture de facto du détroit, consécutive aux récentes attaques américaines et israéliennes contre l'Iran, a déjà entraîné une flambée des prix de l'énergie et une fuite massive des capitaux.
L'impact sur le transport maritime est considérable : alors qu'environ 135 navires transitaient quotidiennement par le détroit avant la crise, ce chiffre est désormais tombé à seulement quelques unités, en raison des coûts d'assurance exorbitants et des risques accrus d'attaques avec des missiles, des drones et des mines marines. La plupart des armateurs refusent désormais d'engager leurs navires dans cette zone dangereuse.

Un feu vert de la chine et de la corée du sud ?
L'Iran affirme avoir coordonné le passage de navires chinois et sud-coréens avec la Garde révolutionnaire islamique, mais ces pays n'ont pas confirmé ces informations. Cette affirmation, si elle est avérée, pourrait signaler un soutien discret de la Chine et de la Corée du Sud à la stratégie iranienne, malgré les pressions internationales.
Alors que les négociations de paix entre l'Iran et les États-Unis, menées via le Pakistan, restent fragiles, Téhéran semble déterminé à maintenir son contrôle sur le détroit d'Ormuz, même après la fin du conflit. Une posture qui vise à dissuader de futures attaques et à générer des revenus pour une Économie iranienne exsangue. La question est de savoir si cette stratégie audacieuse ne risque pas d'isoler davantage l'Iran et de précipiter la région vers une nouvelle escalade.
