Londres : adidas en pole position après des records fracassants

Le week-end londonien a confirmé la domination athlétique, mais aussi le succès discret d'un équipementier allemand. Alors que le monde s'émerveille devant la barre des deux heures franchie non pas une, mais deux fois au marathon de Londres, Adidas savoure un triomphe stratégique. Une victoire qui, au-delà des performances individuelles, illustre la convergence entre innovation technologique et performance humaine.

Des chaussures à 500 dollars, un investissement payant

Sabastian Sawe et Yomif Kejelcha, respectivement vainqueur et deuxième du marathon masculin, ainsi que Tigst Assefa, la nouvelle reine de la distance féminine, ont tous porté les dernières chaussures de compétition d'Adidas, la Adizero Adios Pro Evo 3. Un modèle ultra-léger, pesant seulement 97 grammes, et affichant un prix conséquent de 500 dollars. Sawe a pulvérisé le record du monde en 1 heure, 59 minutes et 30 secondes, laissant Kejelcha à seulement 11 secondes, un exploit remarquable pour une première sur la distance. Assefa, quant à elle, a établi un nouveau record féminin en 2 heures, 15 minutes et 41 secondes, confirmant l'efficacité de cette nouvelle génération de chaussures de course.

Patrick Nava, responsable du running chez Adidas, n'a pas manqué de souligner l'importance de cette performance : "C'est la preuve des années de travail acharné et de dévouement de notre équipe d'innovation, qui a créé une super-chaussure qui marque un jalon." Les marchés financiers ont réagi positivement, avec une hausse de 1,4 % des actions Adidas à Francfort le lundi matin, bien que le titre reste en baisse de près de 18 % depuis le début de l'année, sous la pression des inquiétudes économiques et géopolitiques.

La course aux chaussures de performance s

La course aux chaussures de performance s'intensifie

La rivalité entre les marques s'envenime. Hellen Obiri, deuxième de la course féminine, portait les LightSpray Cloudboom Strike de On Holding AG, une alternative sans lacets à 330 dollars. Sawe, lui, a même battu le temps réalisé par Eliud Kipchoge en 2019 lors d'un événement Nike, soulignant l'évolution constante des performances et des technologies. Le marché des chaussures de course est en plein essor, avec une croissance de 13 % aux États-Unis au cours de l'année se terminant en février, atteignant 8,1 milliards de dollars. Ce boom est porté par une popularité croissante de la course à pied, offrant des opportunités aux marques établies comme Adidas, mais aussi aux challengers comme Hoka, On et Brooks.

Adidas, qui reconstruit activement sa gamme de chaussures de course, mise sur le running pour diversifier ses sources de revenus et réduire sa dépendance aux articles de mode comme les Samba et Gazelle. Le nouveau modèle Adizero Adios Pro Evo 3 est ainsi 30 % plus léger que son prédécesseur, intégrant une nouvelle mousse, la Lightstrike Pro Evo, et un design optimisé pour la plaque en fibre de carbone qui propulse les coureurs vers l'avant. Une stratégie payante qui, pour l'instant, place Adidas au sommet de la pyramide technologique et athlétique.

L'enjeu est clair : la performance sportive est devenue un puissant vecteur de marketing et de prestige pour les marques. Et à Londres, Adidas a prouvé qu'elle était prête à relever le défi, en offrant aux athlètes les outils pour repousser les limites de l'humain. La question n'est plus de savoir si ces chaussures rendent les coureurs plus rapides, mais plutôt si elles redéfinissent ce que signifie courir à son maximum.