Gouvernement et syndicats : un blocage persistant sur le recrutement public
Le plan gouvernemental de renforcement des effectifs de l’État rencontre une résistance farouche des syndicats, qui dénoncent une absence totale de transparence et des chiffres jugés insuffisants. Une situation alarmante qui met en péril la gestion de l’administration publique.
Un refus unanime des propositions successives
CCOO, UGT et CSIF ont unanimement rejeté les propositions successives du ministère de la Fonction publique, pointant du doigt une négociation menée sans données, sans chiffres précis et sans véritable dialogue. Le rejet de l'offre de 2025, avec ses 36 588 postes (dont près de 27 000 pour l’AGE), avait déjà été une première déconvenue. La nouvelle offre pour 2026, présentée comme « similaire » à l'année précédente, ne semble pas avoir convaincu.
La situation est exacerbée par une pression accrue. Le processus de régularisation des immigrés, notamment dans l'administration des étrangers, la sécurité sociale et l'intérieur, révèle les failles d'une administration déjà dépassée. La transition vers la semaine de 35 heures et l'accumulation de postes non pourvus depuis plusieurs années – 5 765 offres de 2023, 2024 et 2025 – alimentent le mécontentement.

Manque d'information et compromis incomplets
Les syndicats accusent le ministère d’une volonté délibérée de masquer les données. UGT dénonce une « négociation sans données ni garanties », CSIF évoque un « déni d’offre publique » et CCOO reproche à l’administration d’être « incapable de présenter le nombre de postes nécessaires ». Le risque est réel : les 5 765 offres de 2023, 2024 et 2025, actuellement ouvertes, pourraient disparaître faute de recrutement.

Mesures d'urgence et perspectives sombre
Au-delà du blocage de la Planification des Effectifs (OEP), le gouvernement a annoncé des mesures visant à corriger les dérives. Des rapports obligatoires pour les départements qui ne remplissent pas les 75% des recrutements, une révision de l’accord sur la promotion interne et l’intégration obligatoire de modules numériques dans les concours sont prévus. Mais ces mesures ne suffisent pas à apaiser les inquiétudes, notamment concernant le délai de deux mois pour recruter les offres de 2023.
La perspective d’une nouvelle crise est palpable. Une situation qui risque de déstabiliser l’administration et de compromettre la qualité des services publics.
