Pénurie de displays : la guerre au moyen-orient menace les écrans de téléphones ?

La scène est surréaliste : un chat, déguisé en empereur chinois antique, assène des coups de pied kung-fu à un corgi du même acabit. La légende du mème ? « C'est pour ça que les puces RAM coûtent 900 dollars ». Cette image, amusante, illustre une réalité bien plus préoccupante : la flambée prochaine du prix des écrans de smartphones. L’escalade des coûts des puces mémoire, liée aux centres de données et à l'intelligence artificielle, n'est peut-être pas le seul facteur.

La guerre en moyen-orient pourrait faire grimper les coûts des écrans

Un récent rapport de Reuters suggère que le conflit iranien et la hausse des prix du pétrole pourraient déstabiliser l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement électronique. Chung Yi, PDG de Samsung Display, alerte sur la pression croissante exercée par la flambée des prix de l'énergie sur le secteur technologique. Les coûts de production des smartphones et autres appareils électroniques grand public sont déjà en hausse.

Le prix du pétrole influence directement le coût de nombreux matériaux utilisés dans la fabrication des écrans. Et ce n'est pas seulement le transport qui est touché. De nombreux composants clés, notamment certains films et autres matériaux, proviennent du pétrole brut. Quand le pétrole coûte plus cher, la production de ces matériaux augmente également.

Si cette tendance se poursuit, les coûts pour les fabricants pourraient augmenter de manière significative. Des coûts bruts plus élevés ajouteraient une couche de pression à une industrie déjà confrontée aux difficultés de la chaîne d'approvisionnement et aux prix élevés des composants.

Samsung Display fournit des écrans non seulement pour les smartphones et tablettes Galaxy, mais aussi pour les iPhones d'Apple et les MacBooks. Une solution ? Il faudra payer plus cher pour nos téléphones et tablettes. Les écrans devront peut-être cesser de grossir, nous obligeant à nous accrocher plus longtemps à nos appareils.

Le japon cherche à se redresser dans la course aux écrans

Le japon cherche à se redresser dans la course aux écrans

Une usine Japan Display pourrait bientôt être construite aux États-Unis. Washington s'inquiète de sa dépendance aux technologies d'affichage chinoises et l'initiative japonaise s'inscrit dans le cadre d'un investissement de 550 milliards de dollars dans le pays. L’investissement, estimé à 13 milliards de dollars, serait un coup de pouce majeur pour Japan Display, né d'une fusion en 2012 entre les divisions d'affichage de Sony Group, Toshiba et Hitachi. Ces entreprises étaient autrefois parmi les meilleurs fabricants de panneaux LCD et fournissaient des écrans pour les iPhones.

Apple avait ensuite privilégié les écrans OLED, pouvant être obtenus auprès de fournisseurs chinois, laissant Japan Display lutter pendant plus de dix ans. Il n'est pas certain qu'Apple renouvelle sa collaboration avec Japan Display pour les écrans d'iPhone, les prévisions de Counterpoint suggérant une domination croissante de la Chine dans le domaine de l'affichage, passant de 68 % en 2023 à 75 % en 2028.

Les fabricants de smartphones devront faire face à ces pressions croissantes. La course à l'innovation ne s'arrête pas aux puces. Elle s'étend désormais aux écrans, et les conséquences pourraient bien se faire sentir dans le prix de nos appareils.

La technologie avance à une vitesse vertigineuse, mais les réalités géopolitiques peuvent la freiner de manière inattendue.